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Le blog de l'Atelier De Nukleopatra

PROCHE AIDANT : prendre soin de l’autre sans s’oublier soi-même

PROCHE AIDANT : prendre soin de l’autre sans s’oublier soi-même

Quand devient-on trop fatigué pour continuer à prendre soin de l’autre ?

Être proche aidant ne se résume pas à aider au quotidien. C’est souvent être présent, anticiper, organiser, rassurer, accompagner les rendez-vous, gérer les imprévus… tout en continuant à vivre sa propre vie.

Progressivement, la charge peut devenir invisible.

  • On s’habitue à la fatigue.
  • On repousse ses propres besoins.
  • On culpabilise lorsqu’on prend du temps pour soi.
  • On se dit que l’on fera une pause « quand ça ira mieux ».

Mais lorsque l’aide s’inscrit dans la durée, cette accumulation peut fragiliser profondément l’équilibre physique, émotionnel et psychique de l’aidant. PSSM France rappelle notamment que l’épuisement peut être favorisé par la durée de l’aidance, l’absence de relais, l’isolement, la charge mentale ou encore l’accompagnement d’une personne atteinte de troubles cognitifs ou d’une maladie neurodégénérative.

L’épuisement ne commence pas forcément par un effondrement

Il peut commencer par une fatigue qui ne disparaît plus avec le repos.

Puis apparaissent parfois l'irritabilité, les troubles du sommeil, la culpabilité, le sentiment de ne plus avoir de temps pour soi, la perte d’intérêt pour les activités que l’on aimait ou encore l’envie de s’isoler.

❗️Ces signaux ne sont pas des signes de faiblesse.

Ils peuvent être les premiers messages indiquant qu’il devient nécessaire de ralentir, de demander du soutien et de retrouver des espaces pour soi.

C’est précisément dans cette logique de prévention que s’inscrit le programme proposé à l’Atelier de Nukleopatra.

L’objectif n’est pas d’apprendre aux aidants à « mieux supporter » leur situation.

Il s’agit plutôt de leur permettre de prendre conscience de ce qu’ils vivent, d’exprimer ce qui est parfois difficile à dire, d’identifier leurs ressources et leurs limites, et de retrouver progressivement une place pour eux-mêmes.

L’expression créative peut alors devenir une médiation pour prendre du recul, déposer les émotions et ouvrir un espace différent de celui du quotidien.

Car prendre soin de l’aidant, ce n’est pas détourner l’attention de la personne accompagnée.

👉 C’est prévenir l’épuisement avant qu’il ne devienne rupture.

Et parfois, la première étape consiste simplement à oser se poser cette question :

« Pendant que je prends soin de l’autre… qui prend soin de moi ? »

▶️ Pour approfondir cette question, je vous invite à découvrir l’article de PSSM France : « Proches aidants et santé mentale : comment éviter l’épuisement ? » :https://www.pssmfrance.fr/actualites/proches-aidants-sante-mentale-comment-eviter-lepuisement/#h-qu-est-ce-que-le-burn-out-ou-l-epuisement-du-proche-aidant

Art-thérapie et burn-out des soignants : ce que nous apprend une étude menée dans quatre hôpitaux du NHS à Londres

Art-thérapie et burn-out des soignants : ce que nous apprend une étude menée dans quatre hôpitaux du NHS à Londres

J’ai choisi une prévention du burn-out des soignants en passant par des outils complètement différents de ce qui existe aujourd’hui : Expression, Créativité et Espace pour déposer ce qui ne peut pas toujours se dire...

🧨 Le burn-out des professionnels de santé n’est plus un sujet que l’on peut traiter uniquement lorsque l’épuisement est déjà installé.

▶️ Dans les établissements de santé, les professionnels sont confrontés quotidiennement à une accumulation de contraintes : charge de travail, manque de temps, situations humaines difficiles, décès, souffrance des patients et des familles, décisions complexes, sentiment d’impuissance, conflits de valeurs ou encore répétition des pertes.

Dans ce contexte, une étude britannique publiée en 2025 dans BMJ Public Health apporte un éclairage particulièrement intéressant sur la place que pourrait occuper l’art-thérapie dans la prévention et la réduction du burn-out chez les professionnels de santé.

Une étude menée dans quatre hôpitaux londoniens

L’étude de Megan Tjasink et ses collaborateurs est un essai contrôlé randomisé multicentrique, menée dans quatre hôpitaux du NHS à Londres entre mai 2023 et mars 2024.

Au total, 129 professionnels de santé présentant un risque modéré à élevé de burn-out ou un niveau important de stress perçu ont participé à l’étude.

Les participants ont été répartis entre deux groupes :

  • un groupe bénéficiant de séances d’art-thérapie ;
  • un groupe placé sur liste d’attente.

Le programme comprenait six séances hebdomadaires de 90 minutes, en groupe.

L’intervention était donc structurée, régulière et inscrite dans le temps de travail des professionnels.

❗️Point essentiel : il ne s’agissait pas simplement de proposer une activité créative ou un atelier de loisirs.

▶️ Il s’agissait d’une véritable intervention d’art-thérapie, conduite par des art-thérapeutes expérimentés dans le contexte hospitalier.

Le principal critère étudié était l’épuisement émotionnel, une dimension centrale du burn-out.

Après six semaines, les professionnels ayant bénéficié de l’art-thérapie présentaient une diminution significativement plus importante de leur épuisement émotionnel que ceux du groupe contrôle.

La différence moyenne ajustée était de 4,8 points, avec un intervalle de confiance de 2,4 à 7,3.

Mais ce n’est pas le seul résultat intéressant.

Les chercheurs ont également observé des améliorations significatives concernant :

✅ la dépersonnalisation

✅ le stress perçu

✅ l’anxiété

✅ les symptômes dépressifs

Les bénéfices observés chez les participants du groupe art-thérapie étaient également maintenus lors du suivi à trois mois.

Autrement dit, les effets observés ne semblent pas se limiter au sentiment d’avoir passé un « bon moment ».

❓ Pourquoi l’art-thérapie peut-elle avoir sa place dans la prévention du burn-out ?

Cette étude ne dit évidemment pas que l’art-thérapie peut résoudre à elle seule les causes organisationnelles du burn-out.

Et c’est une nuance fondamentale.

On ne peut pas demander à un soignant épuisé de « dessiner pour aller mieux » alors que ses conditions de travail restent délétères.

La prévention du burn-out doit agir sur plusieurs niveaux : organisation du travail, charge, management, reconnaissance, collectif, conditions d’exercice et accompagnement individuel.

Mais l’étude de Tjasink et de ses collaborateurs montre qu’une intervention d’art-thérapie structurée peut constituer un levier complémentaire intéressant dans le soutien aux professionnels de santé.

L’intérêt de l’art-thérapie réside notamment dans la possibilité d’utiliser un autre langage que celui des mots.

ℹ️ Un professionnel peut savoir qu’il est fatigué sans parvenir à expliquer ce qu’il ressent.

ℹ️ Il peut être capable de dire « ça va » tout en étant intérieurement saturé.

ℹ️ Il peut continuer à travailler, à prendre soin des autres et à répondre aux attentes de son équipe alors que ses ressources émotionnelles diminuent progressivement.

La création peut alors devenir un espace intermédiaire : un espace pour prendre du recul, observer, ressentir, symboliser et parfois mettre en forme ce qui reste difficile à verbaliser.

Prévenir avant la rupture

C’est précisément ici que cette étude fait écho à une conviction qui guide mon travail.

La prévention du burn-out ne devrait pas commencer lorsque le professionnel n’arrive plus à se lever pour aller travailler.

Elle devrait commencer bien avant.

▶️ Avant l'effondrement.

▶️ Avant le désengagement.

▶️ Avant que l'épuisement émotionnel ne devienne chronique.

▶️ Avant que le professionnel ne perde complètement le sentiment de sens dans son travail.

Les résultats de cette étude ouvrent donc une réflexion intéressante pour les établissements de santé, les EHPAD et les structures qui souhaitent améliorer leur politique de prévention des risques psychosociaux.

↗️ L’art-thérapie peut être envisagée comme l’un des outils complémentaires d’une stratégie globale de prévention.

Une approche qui redonne aussi une place au professionnel

Dans les métiers du soin, les professionnels sont constamment tournés vers l’autre.

🔵 Le patient.

🔵 La famille.

🔵 Le collègue.

🔵 Le médecin.

🔵 L’institution.

🔴 Et eux-mêmes passent souvent après.

Créer un espace où le soignant n’a rien à soigner, rien à produire, rien à réussir et simplement la possibilité d’explorer peut avoir une valeur particulière.

  • Il ne s’agit pas de devenir artiste.
  • Il ne s’agit pas de savoir dessiner.
  • Il ne s’agit pas de produire quelque chose de « beau ».
  • > Il s’agit de pouvoir utiliser la création comme médiateur pour prendre contact avec soi, avec ses émotions, avec son vécu professionnel et avec ce qui a besoin d’être entendu.

Ce que cette étude change dans notre regard ?

Cette recherche apporte surtout une pièce supplémentaire à un puzzle encore en construction.

Une revue systématique publiée en 2023, également dirigée par Megan Tjasink et ses collaborateurs, soulignait déjà le potentiel des interventions fondées sur l’art-thérapie auprès des professionnels de santé, tout en appelant à davantage de recherches de qualité.

L’essai publié en 2025 constitue donc une étape importante : il apporte des données issues d’un essai randomisé multicentrique.

Il ne permet pas de dire que « l’art-thérapie guérit le burn-out ».

En revanche, il permet de dire quelque chose de beaucoup plus rigoureux :

"six séances hebdomadaires d’art-thérapie de groupe ont été associées à une réduction significative de l’épuisement émotionnel et de plusieurs indicateurs de détresse psychologique chez des professionnels de santé hospitaliers présentant un risque de burn-out".

Pour les établissements qui cherchent aujourd’hui des solutions complémentaires aux dispositifs classiques de prévention, cette donnée mérite d’être prise au sérieux.

🧿 L'objectif est que nous arrêtions d'attendre que les soignants soient épuisés pour prendre soin d’eux !

Prévenir le burn-out, ce n’est pas seulement apprendre aux professionnels à « tenir ».

C’est aussi leur permettre de retrouver des espaces où ils peuvent souffler, ressentir, créer, mettre à distance ce qui les envahit et retrouver des ressources.

C’est dans cette perspective que j’intègre l’art-thérapie dans mes actions de prévention auprès des professionnels de santé.

Parce que prendre soin de ceux qui prennent soin des autres commence aussi par leur permettre de prendre soin d’eux-mêmes.

Références

Tjasink M, Carr CE, Bassett P, et al. Art therapy to reduce burnout and mental distress in healthcare professionals in acute hospitals: a randomised controlled trial. BMJ Public Health. 2025;3:e002251. doi:10.1136/bmjph-2024-002251.

Épuisement émotionnel des soignants : 7 signes à ne pas laisser s’installer

Épuisement émotionnel des soignants : 7 signes à ne pas laisser s’installer

Dans les établissements de santé, l’épuisement professionnel ne commence pas toujours par un arrêt de travail, un effondrement ou un burnout déclaré.

De mon expérience d’ancienne "burnoutée", il commence souvent beaucoup plus discrètement.

Un soignant qui devient plus irritable.

Une équipe qui perd progressivement son enthousiasme.

Des professionnels qui disent « je fais ce que je peux » alors qu’ils avaient auparavant le sentiment de faire leur travail avec engagement.

Une empathie qui s’émousse.

Une fatigue qui ne disparaît plus après quelques jours de repos.

Ces changements peuvent sembler anodins lorsqu’ils sont observés isolément.

Mais lorsqu’ils s’installent et se multiplient, ils peuvent constituer des signaux d’alerte d’un épuisement émotionnel.

Après de nombreuses années au contact du monde hospitalier, des professionnels de santé et parce que je l'ai vécu , je sais à quel point il peut être difficile, pour un soignant comme pour son encadrement, de reconnaître ces signaux suffisamment tôt.

Car dans les métiers du soin, être fatigué est souvent considéré comme « normal ».

Être sous pression aussi.

Continuer malgré tout est même parfois valorisé.

Pourtant, la capacité à tenir ne signifie pas nécessairement que tout va bien.

1. Une fatigue qui ne disparaît plus avec le repos

La fatigue fait partie de la réalité des métiers du soin : horaires décalés, charge émotionnelle, situations d'urgence, manque de personnel, confrontations répétées à la souffrance ou à la mort…

Mais une différence importante apparaît lorsque le repos ne suffit plus à récupérer.

Le professionnel peut avoir l'impression de commencer sa journée déjà fatigué.

Le week-end ou les temps de repos ne permettent plus réellement de récupérer.

Les congés sont vécus davantage comme une période nécessaire pour « tenir » que comme un véritable temps de ressourcement.

Cette fatigue persistante mérite d'être observée, surtout lorsqu'elle s'accompagne d'autres changements.

2. Une irritabilité inhabituelle

Un professionnel habituellement patient devient plus facilement irritable.

Les remarques des collègues sont moins bien supportées. Les patients ou les familles peuvent être perçus comme davantage « difficiles ». Les petits dysfonctionnements du quotidien deviennent beaucoup plus difficiles à gérer.

Il ne s'agit pas nécessairement d'un changement de personnalité.

L'irritabilité peut être une manifestation d'une surcharge émotionnelle et cognitive.

Lorsque les ressources internes diminuent, la tolérance à la frustration diminue également.

C'est parfois l'un des premiers changements visibles par l'équipe ou l'encadrement.

3. Une perte d'empathie ou une distanciation

C'est un signal particulièrement important dans les métiers du soin.

Le professionnel qui était auparavant très impliqué peut progressivement prendre de la distance.

Il peut devenir plus froid, plus mécanique dans sa relation au patient ou utiliser davantage l'humour défensif, le cynisme ou des expressions qui traduisent une forme de détachement.

Cette distanciation ne signifie pas nécessairement que le soignant « ne se soucie plus des patients ».

Elle peut être une manière de se protéger lorsque l'exposition émotionnelle devient trop importante.

C'est là que le regard porté sur le professionnel est essentiel.

Il ne s'agit pas de juger son comportement, mais de se demander ce qu'il peut révéler de son niveau d'épuisement.

4. Le sentiment d'être constamment sous pression

Certains professionnels finissent par avoir l'impression de courir en permanence.

Même lorsqu'ils terminent une tâche, une autre les attend immédiatement.

Ils ont le sentiment de ne jamais pouvoir « souffler ».

Cette pression peut progressivement devenir intérieure :

« Je dois aller plus vite. »

« Je n'ai pas le droit de me tromper. »

« Je n'arriverai jamais à tout faire. »

« Je suis toujours en retard. »

À ce stade, le problème n'est plus seulement la quantité de travail.

C'est aussi la sensation de ne plus disposer de suffisamment de ressources pour y faire face.

5. Une perte progressive de motivation

Le professionnel vient travailler avec « la boule au ventre », et l'envie n'est plus la même.

Il fait ce qui est demandé, mais sans l'énergie ou l'implication qu'il avait auparavant.

Les projets collectifs suscitent moins d'intérêt.

Les initiatives diminuent.

Les formations sont parfois perçues comme une contrainte supplémentaire plutôt que comme une opportunité.

Il peut alors être tentant de conclure :

« Il est démotivé. »

Mais avant de parler de démotivation, il est intéressant de se demander :

❓Qu'est-ce qui a changé ?

La perte de motivation peut être la conséquence d'une accumulation de fatigue, de frustrations, de tensions organisationnelles ou d'un sentiment de ne plus pouvoir agir réellement sur son travail.

6. Le sentiment de ne plus être capable de « bien faire » son travail

C'est un signal particulièrement préoccupant.

Le professionnel commence à douter de ses compétences.

Il peut avoir l'impression de faire moins bien son travail, de commettre davantage d'erreurs ou de ne plus répondre correctement aux attentes des patients, des familles ou de l'équipe.

Parfois, cette perception est liée à une diminution réelle des capacités disponibles sous l'effet de la fatigue et du stress.

Parfois, elle traduit surtout une perte de confiance en soi.

Dans les deux cas, elle doit être entendue.

Car un professionnel qui pense :

« Je ne suis plus à la hauteur »

peut progressivement perdre le sentiment d'efficacité qui constitue pourtant une ressource importante dans les métiers du soin.

7. Une perte progressive de sens

C'est peut-être le signal le plus profond.

Le professionnel ne se demande plus seulement :

« Comment vais-je réussir à faire ma journée ? »

Il commence à se demander :

« Pourquoi est-ce que je fais encore ce travail ? »

Lorsque le sens disparaît, les contraintes deviennent beaucoup plus difficiles à supporter.

Les mêmes horaires, les mêmes difficultés organisationnelles ou les mêmes situations complexes peuvent être vécus très différemment lorsque le professionnel ne retrouve plus ce qui donnait du sens à son engagement.

La perte de sens ne signifie pas forcément que la personne veut quitter son métier.

Elle peut simplement signifier qu'elle ne parvient plus, momentanément, à retrouver ce qui la faisait tenir.

📌 Stress, épuisement et burnout : ne pas tout confondre

Il est important de ne pas mettre tous les phénomènes sous le même mot.

▶️ Le stress

Le stress correspond à une réaction face à une situation perçue comme exigeante ou menaçante.

Il peut être ponctuel.

Lorsque la situation cesse et que la personne récupère, les ressources peuvent revenir.

▶️ L'épuisement

L'épuisement apparaît lorsque la sollicitation devient trop importante ou trop prolongée et que les capacités de récupération ne suffisent plus.

La fatigue devient plus persistante.

Les émotions deviennent plus difficiles à réguler.

La motivation peut diminuer.

Le rapport au travail peut progressivement changer.

▶️ Le burnout

Le burnout est une situation plus complexe et plus installée, qui ne se résume pas à « être très fatigué ».

Il associe notamment un épuisement important, une prise de distance ou une attitude négative vis-à-vis du travail et une diminution du sentiment d'efficacité professionnelle.

C'est pourquoi la prévention doit commencer bien avant le burnout.

Et c'est précisément là que l'établissement dispose de marges de manœuvre.

✴️ Pourquoi agir dès les premiers signaux ?

Lorsqu'une équipe présente plusieurs de ces signes, l'objectif ne doit pas être de chercher immédiatement « qui va mal ».

L'enjeu est plutôt de comprendre :

  • Qu'est-ce qui épuise réellement les professionnels ?
  • Quels sont les facteurs organisationnels ?
  • Quelle place les professionnels ont-ils pour exprimer leurs difficultés ?
  • Ont-ils encore des espaces de récupération ?
  • Le collectif fonctionne-t-il comme une ressource ou comme une source supplémentaire de tension ?
  • Les situations émotionnellement difficiles sont-elles suffisamment accompagnées ?
  • Les professionnels disposent-ils d'outils pour prévenir l'accumulation ?

Plus l'établissement intervient tôt, plus il dispose de leviers de prévention.

Prévenir ne signifie pas attendre qu'un professionnel soit en difficulté pour lui proposer une solution.

C'est aussi créer les conditions permettant aux équipes de reconnaître leurs limites, de mettre des mots sur ce qu'elles vivent et de retrouver des ressources avant que l'épuisement ne devienne chronique.

🎨 L'art-thérapie : un espace différent pour prévenir l'épuisement

Dans mon approche, l'art-thérapie n'est pas présentée comme une solution miracle au burnout.

Elle peut en revanche constituer un espace de prévention et d'expression complémentaire, particulièrement intéressant lorsque les professionnels ont du mal à mettre des mots sur ce qu'ils vivent.

Les médiations artistiques permettent de travailler autrement autour des émotions, de la charge vécue, des ressources personnelles et collectives, de la représentation du travail ou encore du rapport à soi.

L'objectif n'est pas de « faire de l'art ».

Il s'agit d'utiliser la création comme un support de prise de recul, d'expression et de réflexion.

Mon expérience du monde de la santé me permet également de prendre en compte la réalité concrète des professionnels : contraintes institutionnelles, rythme de travail, relation aux patients et aux familles, confrontation à la souffrance, à la mort, aux pertes répétées et aux situations de forte charge émotionnelle.

Cette double approche — connaissance du terrain de santé et pratique de l'art-thérapie — permet de construire des interventions qui ne se limitent pas à demander aux soignants de « mieux gérer leur stress ».

Car prévenir l'épuisement ne consiste pas uniquement à apprendre aux professionnels à supporter davantage.

Il s'agit aussi de leur permettre de repérer, comprendre et agir sur ce qui les épuise.

📌 Votre équipe présent-t-elle déjà plusieurs de ces signaux ?

Un signal isolé ne permet évidemment pas de poser un diagnostic.

En revanche, lorsque plusieurs signes apparaissent, se répètent ou s'intensifient, ils méritent d'être pris au sérieux.

Le rôle d'un établissement n'est pas d'attendre qu'un professionnel soit au bord de la rupture pour agir.

La prévention commence souvent par une question simple :

« Comment vont réellement nos équipes aujourd'hui ? »

Et parfois, cette question ouvre déjà la porte à une action de prévention.

Vous êtes directeur d'établissement, cadre de santé ou responsable RH/QVCT ?

Votre équipe présente-t-elle plusieurs de ces signaux ?

Il est peut-être temps d'agir avant que l'épuisement ne s'installe.

Je propose des interventions de prévention destinées aux professionnels de santé, associant connaissance du terrain, prévention des risques psychosociaux et médiations d'art-thérapie adaptées aux réalités des équipes.

Parce que prévenir l'épuisement, ce n'est pas attendre que les soignants n'en puissent plus.

C'est intervenir suffisamment tôt pour leur redonner des espaces où souffler, comprendre, exprimer et retrouver des ressources.

Quand les soignants vivent trop de pertes : le deuil professionnel, un risque encore sous-estimé

Quand les soignants vivent trop de pertes : le deuil professionnel, un risque encore sous-estimé

Décès de patients, départs de collègues, annonces difficiles, perte d’autonomie, changements d’organisation, sentiment de ne plus exercer son métier comme avant…

Les professionnels de santé sont confrontés à de nombreuses formes de pertes au cours de leur carrière.

Pourtant, une question reste encore trop peu posée dans les établissements de santé :

Que devient un soignant lorsqu’il accumule les pertes sans avoir réellement le temps de les vivre, de les exprimer et de les intégrer ?

▶️ Le deuil ne concerne pas uniquement la vie personnelle

Lorsqu’on parle de deuil, on pense spontanément au décès d’un proche.

Mais dans le monde du soin, les professionnels peuvent également être confrontés à ce que l’on pourrait appeler des deuils professionnels.

  • Le décès répété de patients.
  • La perte d’un patient auquel on s’était particulièrement attaché.
  • L’accompagnement d’une personne dont l’état se dégrade progressivement.
  • La perte d’une équipe après une réorganisation.
  • Le départ d’un collègue expérimenté.
  • La fermeture d’un service.
  • La perte d’autonomie ou de compétences d’un patient que l’on accompagnait depuis longtemps.
  • Et parfois même, la perte du sens que l’on accordait à son métier.

Ces expériences ne donnent pas toujours lieu à un deuil reconnu.

Pourtant, elles peuvent laisser une véritable empreinte émotionnelle.

« On passe au patient suivant »

Dans les établissements de santé, le rythme de travail impose souvent de continuer.

Un décès survient.

Quelques minutes plus tard, il faut accueillir un autre patient.

Une situation difficile est vécue.

Puis il faut reprendre les soins, répondre aux familles, gérer les urgences, remplir les dossiers…

Le professionnel avance.

Parce qu’il le faut.

Mais avancer ne signifie pas nécessairement avoir intégré ce qui vient d’être vécu.

Lorsque les pertes se répètent et qu’aucun espace n’est prévu pour les déposer, elles peuvent progressivement s’accumuler.

 Fatigue émotionnelle.

 Irritabilité.

 Difficulté à prendre du recul.

 Sentiment de saturation.

 Perte de motivation.

 Distanciation vis-à-vis des patients.

 Impression de fonctionner « en pilote automatique ».

 Et parfois, progressivement, une véritable perte de sens.

👉 Le risque n'est pas seulement individuel

C’est ici que le sujet devient également un enjeu pour les directions et les cadres de santé.

Lorsqu’un professionnel est régulièrement exposé à des situations émotionnellement lourdes sans disposer de ressources suffisantes pour les élaborer, cela peut fragiliser son équilibre professionnel.

Et les conséquences peuvent dépasser la personne elle-même.

Une équipe épuisée émotionnellement peut rencontrer davantage de difficultés à :

  • maintenir une qualité relationnelle avec les patients et les familles ;
  • communiquer sereinement ;
  • prendre du recul face aux situations complexes ;
  • conserver une dynamique collective ;
  • donner du sens au travail ;
  • prévenir l'épuisement professionnel.

Gérer ces deuils et prévenir le burnout ne consiste donc pas uniquement à apprendre aux soignants à mieux gérer leur stress.

Il est également nécessaire de s’intéresser à ce qu’ils vivent réellement dans leur quotidien professionnel.

▶️ Et si nous apprenions à accompagner les pertes ?

Dans notre société, nous avons peu appris à parler de la mort, du deuil et des pertes.

Dans les métiers du soin, cette difficulté est parfois encore plus importante.

Le professionnel doit être compétent, efficace, disponible et empathique.

Mais qui lui apprend à accueillir ses propres émotions lorsqu’il accompagne quotidiennement la souffrance, la dégradation ou la mort ?

Créer des espaces de parole peut être une première réponse.

Mais il est également possible d’aller plus loin en proposant aux équipes des outils concrets d’expression et de mise en sens.

L’art-thérapie peut notamment constituer une médiation intéressante.

Elle ne consiste pas à « faire de l’art ».

Elle permet d’utiliser la créativité comme un moyen de mettre à distance ce qui est difficile à verbaliser, d’identifier ce qui pèse, de clarifier son vécu et parfois de retrouver une nouvelle manière de donner du sens à son expérience.

▶️ Prévenir plutôt que réparer

Pour les établissements de santé, l’enjeu est peut-être là.

Ne pas attendre qu’un professionnel soit déjà en situation d’épuisement pour agir.

Ne pas attendre les arrêts maladie, les départs ou les situations de crise.

Mais agir en amont.

Former les professionnels à comprendre les mécanismes du deuil et des pertes.

Leur donner des outils pour identifier leurs propres signaux d’alerte.

Créer des espaces sécurisés où les expériences difficiles peuvent être déposées.

Développer les compétences relationnelles des équipes face aux situations de fin de vie et de décès.

Et surtout, reconnaître que prendre soin de ceux qui prennent soin n’est pas un luxe.

C’est une condition de durabilité du système de santé.

❓Une question à se poser dans chaque établissement

Si vous êtes directeur, cadre de santé, responsable RH ou référent QVCT, posez-vous cette question :

« Dans mon établissement, que faisons-nous concrètement pour aider nos professionnels à vivre les pertes auxquelles ils sont quotidiennement confrontés ? »

La réponse est peut-être déjà là.

Ou peut-être reste-t-il encore un espace à créer.

Car accompagner les soignants dans leurs pertes, ce n’est pas les rendre plus fragiles.

C’est au contraire leur permettre de rester professionnels sans avoir à devenir insensibles.

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À propos

J’accompagne les professionnels et les établissements de santé autour des problématiques de deuil, pertes professionnelles, épuisement émotionnel et prévention du burnout, en m’appuyant notamment sur les outils de l’art-thérapie et sur mon expérience de 30 années dans le secteur hospitalier.

📌 Mon objectif : proposer aux professionnels de santé des outils concrets pour mieux comprendre ce qu’ils vivent, préserver leurs ressources et continuer à prendre soin sans s’épuiser.

Et dans votre établissement, comment accompagnez-vous les professionnels après un décès ou une situation particulièrement difficile ?

Former AUTREMENT les professionnels de santé : une approche innovante qui allie médiation artistique, art-thérapie et développement professionnel

Former AUTREMENT les professionnels de santé : une approche innovante qui allie médiation artistique, art-thérapie et développement professionnel

Les établissements de santé font aujourd'hui face à un défi majeur : préserver l'engagement de leurs équipes tout en répondant aux exigences de qualité des soins, de qualité de vie et des conditions de travail (QVCT) et aux recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS).

Si les formations traditionnelles permettent de développer des compétences techniques ou réglementaires, elles laissent souvent peu de place à une réalité pourtant omniprésente dans le quotidien des soignants : leurs émotions.

Décès, fins de vie, annonces difficiles, situations d'urgence, perte de sens, fatigue émotionnelle… Les professionnels de santé vivent des deuils professionnels répétés qui, lorsqu'ils ne sont pas reconnus, peuvent conduire progressivement au pré-burnout ou à l'épuisement professionnel.

C'est pour répondre à cette réalité qu'en tant qu'ancienne professionnelle de santé pendant près de trente ans et art-thérapeute, j'ai développé des formations innovantes.

✴️ La particularité est d'associer les contenus de formation aux outils de médiation artistique et d'art-thérapie.

Les participants ne se contentent pas d'écouter des apports théoriques : ils expérimentent, réfléchissent, créent, partagent et donnent du sens à leur vécu professionnel. Cette pédagogie favorise une meilleure intégration des connaissances tout en renforçant les ressources personnelles et collectives.

Cette approche contribue notamment à :

  • Prévenir l'épuisement professionnel ;
  • Favoriser l'expression des émotions dans un cadre sécurisé ;
  • Renforcer la cohésion des équipes ;
  • Développer la réflexion éthique et professionnelle ;
  • Améliorer durablement la qualité de vie et des conditions de travail (QVCT).

👉 Former ne consiste plus seulement à transmettre des savoirs. C'est aussi permettre aux professionnels de mieux comprendre leur pratique, de retrouver du sens dans leur engagement et de continuer à exercer leur métier avec davantage de sérénité.

Les formations proposées par L'Atelier de Nukleopatra s'adressent aux établissements de santé, EHPAD, structures médico-sociales et organismes souhaitant proposer à leurs équipes une démarche pédagogique innovante, humaine et durable.

⭐️ Parce que prendre soin des soignants, c'est aussi prendre soin des patients ⭐️